Scénario

C – Traitement

Écrit par RACHID FEKKAK

Un grand taxi plein de passagers arrive à Lamrissa, un village côtier rattaché à la circonscription de la Province de Skhirat. Une femme de taille moyenne, d’allure vigoureuse, habillée en noir et le visage recouvert d’un voile, en descend. Elle porte un nourrisson dans un bras et une sacoche dans l’autre. Le soleil commence à se coucher. Des lampadaires éclairent les lieux, ce qui permet de rendre visible une banderole où on peut lire : “Grande Marche pour la Justice et la Modernité devant le Parlement, Dimanche 23 Mai 2005”, et Terre des Anges, un Centre Social d’accueil des enfants abandonnés.  La jeune femme passe devant le Centre social puis la Mosquée vers laquelle se dirigent les fidèles pour la prière du Maghrib. En toute discrétion, la femme en noir quitte le boulevard et part en direction des champs qui bordent le village et la forêt de Lamrissa qui apparaît au loin.

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La ferme équestre Tawenza, située non loin de la forêt, est la propriété de Seddiq Maârouf, la cinquantaine, de père marocain et de mère italienne, agriculteur et éleveur de chevaux. Dotée d’une grande maison, d’un studio annexe et d’un vaste jardin, elle est équipée de plusieurs box de chevaux, de 2 parkings, d’une cafétéria et de plusieurs cours. La quiétude qui y règne ce soir-là est rehaussée par des notes de piano très douces « con affecto » qui, en se fondant avec les bruits de la nuit, le souffle des chevaux et les aboiements lointains des chiens produisent une harmonie parfaite. Une lumière douce traverse les rideaux des fenêtres du hall-salon de la maison, donnant sur le jardin. Dans ce grand hall, meublé dans un style qui mélange de manière dosée la tradition marocaine et la modernité italienne, Yacout, fille unique de Siddiq, une jeune femme gracieuse, la vingtaine, exécute avec beaucoup d’application et de grâce des enchaînements de danse contemporaine sur la même gamme musicale entendue à l’extérieur. En fait, cette mélodie provient d’un ancien piano droit reluisant, derrière lequel est installée Maria Christina Cervi, sa grand’mère paternelle âgée de 65 ans, d’origine italienne, une ancienne cantatrice d’opéra. De temps à autre Maria Christina s’arrête de jouer, prend des notes sur ses feuillets de partition, posés sur un chevalet et portant le titre d’« Emilia, mia amori ».

Strophe 1 : mio essere – mia speranza

“Il bagliore della tua bellezza

Interpella la mia anima

E porte il mio cuore verso te emilia

Oh mio essere

Oh mia speranza

Io ho visto in te lo splendore.”

Non loin d’elle, sur la grande cheminée, sont déposés plusieurs bibelots décoratifs. Sur les mûrs sont accrochés des tableaux de peinture et des photos de famille, dans lesquelles apparaissent Seddiq Maarouf et sa mère Maria Christina, notamment sur scène ou en robe de mariée à côté de son mari le Commandant Bachir Maarouf, ancien officier marocain, ayant participé au combat héroïque des soldats marocains, dans le rang des Alliées, notamment en 1943-1944, contre les forces nazies et fascistes en vue de libérer l’Italie de leur joug, durant la deuxième guerre mondiale.

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Dehors, dans la forêt, non loin de Tawenza, la jeune femme avec le voile, munie d’une torche, s’arrête pour mettre une sucette dans la bouche du nourrisson qui commence à pleurer. Elle reprend son sac et repart en direction de la ferme Tawenza. Elle y arrive par derrière. Elle traverse la haie par une porte métallique qu’elle semble bien connaître. En parvenant au jardin de la ferme, elle commence à se déplacer sur la pointe des pieds. Elle redouble de précaution à la vue de la lumière qui s’échappe de la fenêtre du hall-salon. Anxieuse, elle se fige tout en prêtant l’oreille aux notes musicales qui lui parviennent de la maison. Puis, sur ses gardes, elle se dirige vers les box de chevaux. Remarquant un amas de bottes de foin posées à côté d’un box, elle marque un petit arrêt. Un écriteau affiche le nom de la jument locataire du box :”Amira“. Ensuite elle s’avance fermement jusqu’aux bottes de foin, y dépose la sacoche en jetant un regard triste sur le bébé qui suce calmement sa tétine. Elle s’agenouille pour le placer avec délicatesse à côté de la sacoche. Une émotion de grande douleur fait trembler son corps. Accablée, elle pleure en silence. Subitement, elle est prise d’une grande panique. Un râle provenant du box d’Amira la ramène à la réalité. Elle se relève et passe spontanément la tête par-dessus la mini-porte du box. Amira, pleine, attentive et courageuse s’apprête à mettre bas. A la vue de l’intruse qui l’observe fascinée, elle se met à émettre des hennissements persistants. Apeurée, l’inconnue s’enfuit.

Dans le hall-salon, surprises par les hennissements répétitifs de la jument, Maria Christina et Yacout arrêtent leur activité et tendent l’oreille. Comprenant vite ce qui se passe, elles sont tout à coup joyeusement excitées. Yacout met un pardessus sur ses épaules et se précipite vers la sortie, suivie de sa grand’mère. Les luminaires de Tawenza s’allument. Yacout accoure en direction des box de chevaux.

Pendant sa fuite effrénée dans la forêt, avec sa torche en main, la jeune femme tombe, se relève et retombe à plusieurs reprises. A genoux, elle se frappe le visage avec violence en s’efforçant d’étouffer ses sanglots. Elle se relève haletante, puis elle disparaît dans la nuit.

Yacout, toute joyeuse, arrive en courant devant le box d’Amira. Elle se fige, ébahie à la vue du nourrisson sur les bottes de foin. Passé l’effet de surprise, elle le prend dans ses bras, tout en marmonnant des bribes de paroles mélangeant les dialectes arabes et italiens. Puis arrivent, les uns après les autres, sa grand’mère Maria Christina, son père Seddiq, sa mère Rabia, la quarantaine, une femme posée, avocate de métier et Présidente du Centre social Terres des Anges, sis à Lamrissa, Hamid le palefrenier, la trentaine, un gaillard qui dégage de la bonhomie et son épouse, Saida, une jeune femme de la campagne, âgée de 25 ans, robuste et affable. Sans attendre, Rabia fait usage de son Smartphone pour informer la Gendarmerie Royale. Les râles d’Amira reprennent. Hamid et sa femme portant un seau d’eau chaude, s’introduisent dans le box de la jument, suivis de Seddiq. Maria Christina et Yacout s’occupent du bébé. En ouvrant la sacoche du nourrisson, elles y découvrent un biberon plein de lait et des couches ainsi qu’une feuille sur laquelle on peut lire : « Elle s’appelle Alia, prenez soin d’elle! » Bientôt, les gendarmes dans leur voiture arrivent dans les lieux. Alors que Siddiq et Hamid, aidés de Maria Christina et Saida, accouchent la jument, l’Adjudant de la gendarmerie établit le PV qu’il fait signer à Rabia et Yacout qui porte Alia dans ses bras avec beaucoup d’attention et de tendresse «maternelle». A la mémoire de son père, le Commandant Bachir Maarouf décédé et enterré en Italie, Siddiq décide de donner le nom du légendaire ténor italien «Caruso» au poulain qui vient de naître. Maria Christina enlève le biberon de la bouche d’Alia et vient le mettre dans la bouche de Caruso. Comme ça, il sera le “frère de lait de Alia”, annonce-t-elle avec conviction. Les applaudissements fusent dans la nuit, rehaussés par un long youyou, lancé par Saida.

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Le lendemain de bonheur, Rabia et son mari Seddiq accueillent les membres de la Commission administrative, déléguée par le Procureur du Roi et les gendarmes venus enquêter sur la fillette abandonnée dans leur ferme. Ensuite, accompagnés par Rabia, les membres de la Commission d’enquête inspectent le Centre Social « Terre des Anges » dans la Crèche duquel ils trouvent Alia, bien au chaud dans son berceau.

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Quelques jours plus tard, Rabia reçoit une à une, dans son bureau, trois jeunes femmes qui l’attendaient dans le hall du Centre : -l’une a été violée par son cousin, -l’autre (avec un enfant de 3 ans) vient d’être répudiée par son mari après son remariage et -la troisième, Meriem Mhamdi, attachante jeune femme, la vingtaine et dénotant d’une force de caractère pondérée. Le bureau de Rabia, assez grand, est doté de fauteuils, de tables, d’une imprimante, d’un ordinateur et d’armoires sur les étagères desquelles sont rangés plusieurs dossiers. Elle écoute Meriem tout en remplissant une fiche de renseignements la concernant. Meriem est licenciée en Sociologie appliquée et a été convoquée par le Centre pour un entretien, suite à une demande d’embauche qu’elle avait envoyé à la Présidente depuis trois mois. Rabia accepte de l’engager à Terre des Anges, en qualité d’assistante sociale.

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Dans la ferme équestre, Siddiq, assisté de Hamid, dirige des exercices d’équitation avec plusieurs cavaliers des deux sexes, jeunes et moins jeunes, dans la grande Cour. De retour à la ferme, Rabia s’empêtre à ramasser ses affaires éparpillées sur le siège-avant de sa voiture qu’elle vient de garer au parking, tout près de la cafétéria. Embarrassée par le désordre, elle ne sait plus où donner de la tête avec Alia qui pleure dans la nacelle fixée au siège arrière de la voiture, les dossiers qu’elle n’arrive pas à ranger dans son cartable et sa toge d’avocat qu’elle n’arrive pas à décrocher. Siddiq rejoint sa femme et souriant, il se précipite pour l’aider et l’entourer tendrement de ses bras pour l’apaiser.

Le soir venu, dans le Centre social, après avoir endormi les enfants, les trois assistantes qui y vivent préparent leurs lits dans la chambre donnant sur le dortoir de la crèche. Puis, autour d’une table du réfectoire, tout en  mangeant en groupe un tagine de légumes, en l’honneur de Meriem Mhamdi, elles se racontent leurs propres histoires. Meriem leur dit qu’elle prépare toujours ses cours de sociologie à la faculté. Un moment après, elle s’isole en allant s’installer sur son lit et se met à prendre des notes sur un carnet.

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Les Maarouf prennent aussi leur dîner dans la hall-salon. Siddiq, Rabia, Maria Christina et Yacout, installés autour de la table, mangent tout en conversant sur le sort de la fillette abandonnée qui est en ce moment posée dans son landau, tout près de la grand-mère, avec son biberon dans la bouche. Rex, un très jeune berger allemand est allongé sur le tapis. Yacout annonce qu’elle a l’intention d’adopter Alia! Ses parents lui expliquent que l’adoption n’est pas permise dans la religion musulmane. Mais, le takaffoul, oui. Voulant savoir ce que veut dire cette expression et ce qu’elle doit faire, Rabia lui explique qu’elle devra agir comme si elle était la mère de la fillette, sans pour autant avoir l’autorisation de lui donner son nom de famille! En somme vis-à-vis du Code de la famille, Yacout aura la garde de la fillette qui restera jusqu’à l’âge de 18 ans sous la tutelle du Juge. Son père lui explique que suivant le dogme malékite, du moment qu’elle ne l’a pas « enfantée », il ne peut y avoir de filiation. Donc pas de droit à l’héritage pour la fillette! Maria Christina fait remarquer à Yacout qu’elle aura tout de même la chance d’être la « maman de cœur » d’Alia, sans en être la « maman du ventre ».

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En attendant que les démarches administratives soient terminées pour que le Juge des tutelles autorise Yacout à être la kafila de Alia, la fillette est emmenée à la crèche du Centre en journée par Rabia et c’est Meriem qui est chargée de sa garde. Maria Christina accompagne quelques fois sa belle fille Rabia parce qu’elle anime l'”Atelier de chant” avec les enfants du Centre auxquels elle apprend les techniques vocales. Elle fait ainsi la connaissance de Meriem dont elle apprécie le sérieux et la  gentillesse avec les enfants. Elle prend l’initiative de la faire participer aux exercices et découvre que sa voix recèle de grandes qualités sonores.

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Entre temps, la Cour se réunit enfin pour déclarer de manière définitive qu’Alia est un « enfant abandonnée » et autorise Yacout à devenir sa kafila. Se pose alors à Yacout un problème préoccupant : Quel nom de famille donner à la fillette? Ainsi, lors d’une réunion avec l’officier de l’Etat Civil, celui-ci lui montre Al kachaf, le registre de l’Administration portant les noms de famille en cours dans le Royaume. Pour contourner la loi stipulant l’obligation du lien d’affiliation, Yacout recourt à une astuce : elle cherche dans le Kachaf les noms commençant par la lettre M et tombe sur un nom de famille très proche du sien : Maaroufi. En conséquence de quoi, au lieu de Maarouf, la fillette sera inscrite à l’état civil aux nom et prénom de Maaroufi Alia.

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La famille s’occupe avec amour de la fillette. Dans la maison, on lui aménage une chambre à coucher, avec des murs peints aux couleurs rose et bleu donnant une sensation de sérénité et une chambre mitoyenne et communicante avec celle-ci pour la personne de la famille qui veillera à sa garde.

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En week-end, alors qu’elle est allée à la plage pour bronzer, accompagnée de Rex et d’Alia qu’elle a placée dans son landau-poussette sous un parasol, Yacout fait la connaissance de Khalid Bannour, la trentaine, un homme agréable de compagnie et avenant. Khalid est professeur de luth. Il travaille pour la Fondation Ichrakat pour la culture, en relation avec le cirque acrobatique de Salé. Etant elle-même chorégraphe, Yacout et lui commencent à collaborer, en vue de soutenir l’action socioculturelle pour et avec les enfants défavorisés.

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Profitant aussi de son congé hebdomadaire, Meriem Mhamdi rend visite à sa grand’mère qui vit dans sa petite propriété rurale, en région montagneuse des Zemmour-Zaër. Elle prend soin de son cousin Hamza Medkouri, la trentaine, un jeune homme cultivé mais gravement handicapé et souffrant d’une amnésie totale. Entre autre, elle lui amené une parka d’hiver avec capuchon et des médicaments. Dans un échange avec la grand’mère, il est question de rejet par le Procureur de l’affaire de Hamza Medkouri pour absence de témoins.

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Au fil des jours, se pose à la famille un problème sérieux. En effet, comme Yacout est obligée de quitter la maison en journée pour aller donner ses cours de danse, tout autant que sa mère et sa grand’mère qui sont aussi absentes la plupart du temps, il est devenu nécessaire pour la famille d’engager une gouvernante. C’est alors que Rabia et Maria Christina pensent à Meriem Mhamdi qui accepte leur offre et vient donc s’installer à la ferme, afin de s’occuper d’Alia.

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Or, personne ne pouvait prévoir que Meriem allait devoir subir les excès du caractère coriace de Yacout qui n’apprécie pas le choix de ses parents. En fait, Yacout est jalouse de la jeune femme qui ne laisse pourtant apparaître aucun signe de révolte malgré son sentiment d’humiliation. La première nuit, une fois restée seule avec la fillette, Meriem lui enlève le biberon de la bouche, la prend tendrement dans ses bras, sort son sein et le lui donne à téter. Mais le lendemain, après avoir été maltraitée par Yacout, Meriem, profitant de l’absence des membres de la famille, invités à une réception donnée à l’Ambassade d’Italie, fait sangler Alia sur son dos par un drap, éteint les lumières et quitte la maison avec précaution. Or, chose assez surprenante, une fois dehors, avec sa torche en main, elle refait le même parcours qu’avait fait la femme inconnue dans la forêt, la nuit où elle était venue à la ferme pour y abandonner la fillette. Haletante, Meriem se retourne, ralentit sa course, hésite, repart puis s’arrête. Elle arrive enfin à quelques dizaines de mètres de la route nationale. Par intermittence, les phares des voitures balayent rapidement les paysages. Très affaiblie, la conscience déchirée, elle s’arrête derrière un buisson. Effondrée, elle tombe à genoux, lève les yeux vers le ciel étoilé et pleure en silence.

Sept années plus tard

Alia est dans le hall-salon de la maison dont les meubles et les rideaux ont été changés. En bonne santé, c’est une fillette alerte et très communicative. Rex qui a grandi aussi est assis sur le tapis. Les oreilles bien dressées, il suit du regard les mouvements de sa petite maîtresse. Ce matin,  elle se prépare pour aller à l’école. En ce moment, elle cherche sa tablette. Ne la trouvant pas, elle s’écrie : “Maman! Papa! Je ne trouve pas ma tablette!” Meriem apparaît avec la tablette en main. Alia prend la tablette, la met dans son sac à dos et annonce à la jeune femme  : “Qu’est-ce que je ferais sans toi, ma tatta!”  Meriem lui sourit. Venant de la cuisine, Khalid lui remet le goûter qu’elle emmène avec elle à l’école. “C’est gentil à toi, papa!” Lui dit-elle. Puis, c’est au tour de Yacout d’apparaître dans le vestibule du salonElle fait des reproches à Alia : “Tu vas arriver en retard à l’école, toi!” Alia lui répond du tac au tac : “Maman! Je ne peux pas entrer en classe sans ma tablette! Mon exposé sur l’ «Ikhtilaf et Tasamouh» est dedans, je te préviens!” Cette péripétie du récit lève tout équivoque quant au quiproquo de l’acte suspect de Meriem (sa fuite “présumée”) sept ans plus tôt.

Ce jour-là, son grand-père Siddik et son papa Khalid l’accompagnent en carriole à l’école du village. Ils échangent tous les trois des idées en rapport avec l’exposé de Alia, notamment le «Devoir de respect de son prochain». Une fois arrivés, Alia entre en classe, alors que Siddiq et Khalid sont accueillis par le Directeur qui leur fait une visite des lieux. On découvre une école publique «modèle» dont les aménagements (Cantine, Bibliothèque/Médiathèque et Salle artistique polyvalente) sont fait grâce à une dotation annuelle décidée par Siddiq, Président de l’Association des parents d’élèves, qui a toujours défendu l’école publique contre sa fille Yacout qui voulait quant à elle inscrire Alia dans une école privée de la Capitale. Alia est une élève brillante. Ce jour-là en classe, au tableau, elle expose brillamment l’exercice-devoir sur «les valeurs et les droits humains» qu’elle a préparé et enregistré sur sa tablette. A la fin du cours, la maîtresse d’Alia souhaite de bonnes vacances du nouvel an aux élèves et leur recommande de préparer un devoir sur le film le «Livre de la Jungle». 

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A la sortie, Alia et ses camarades sont dans la salle polyvalente où ils vont assister à une rencontre théâtrale avec Siddiq, jouant Arlequin/Joha.

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Ba Salah, le chauffeur de service, au volant du bus scolaire de Terre des Anges, rempli d’enfants de l’école, s’arrête pour déposer Alia devant le portail de la ferme Tawenza. Une fois pied à terre, la fillette accourt vers Meriem qui l’attendait et l’enlace avec fougue. Toutes les deux traversent allègrement le jardin, sur des notes de musique jouées au piano. Alia est extasiée. Elle s’écrie : « Ah ! Emilia et Mammy!»   A l’intérieur de la maison, Meriem veut emmener Alia se changer. Mais celle-ci lui remet son sac à dos, s’empare de son violon et rejoint sa grand-mère qui travaille effectivement en ce moment au piano une des partitions du mystérieux poème «Emila, mon amour». Alia se met à jouer en parfait accord avec sa grand’mère. A un certain moment, Maria Christina s’arrête de jouer et demande à Alia de continuer seule. Elle lui recommande d’accorder les mouvements de son archer avec ses inspirations, ses pauses respiratoires et ses expirations. Elle lui explique ainsi la notion de “voix intérieure”.

“Ho ascoltato la voce del Signore in rivolta

Appellandomi alla purezza del cielo di Marzabuto

E all’eternita dei fratelli Cervi”

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A la nuit tombante, à Terre des Anges, dans le réfectoire de Terre des Anges, en self-service, une trentaine d’enfants dont Alia et ses camarades de classe, accompagnés des assistantes sociales Yasmine et Malika en plus de Meriem prennent leur dîner. Rabia, Siddiq, Maria Christina, Yacout et Khalid font la queue aussi avec les enfants. Une fois servis, ils se mettent séparément à table avec les enfants.

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Alia, suivie de Rex qui ne la lâche pas, et quelques enfants de Terre des Anges sont avec Siddiq et Hamid qui donnent à manger aux chevaux. Alia et les autres enfants participent au nettoyage des box, en utilisant les anciens outils comme le râteau à foin, la fourche, la pelle, la brouette…etc. Alia s’occupe en particulier de Caruso qui a grandit lui aussi. C’est un bel étalon maintenant. Elle montre à Caruso des carottes qu’elle tire de sa poche et lui parle : “Caruso! Regarde ce que j’ai pour toi! Approche, mon grand!” Le cheval est tout heureux. Alia lui donne à croquer une carotte. Avec l’accord de son grand-père, elle le sort de son box sans harnachement. Le cheval s’arrête quand elle s’arrête et la suit quand elle se déplace. Elle l’emmène dans la grande cour et lui ordonne de courir. Siddik lui permet de monter Caruso, sans harnachement.

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Meriem rend visite à sa grand’mère et son cousin Hamza, toujours en état d’amnésie. Il a les cheveux très longs maintenant et les poils de sa barbe aussi. Elle lui fait prendre une douche et lui arrange la barbe et les cheveux avec des ciseaux.

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Ce soir là, dans sa chambre, où tout a changé (rideaux, meubles…etc.) et où un poste-télé a été installé, Alia enfile son pyjama avec l’aide de Meriem. Comme c’est les vacances et comme l’avait recommandé la maîtresse, Meriem permet à la fillette de regarder “Le livre de la jungle”, le film réalisé par Jon Favreau, où la fillette fait connaissance avec Mawgly, Baguera, Sherkhan et les autres. En parallèle , dans une grande salle de «Terre des Anges» équipée d’un grand téléviseur, une quinzaine d’enfants dont les camarades de classe de Alia regardent aussi la diffusion de ce film. Alors qu’Alia regarde le film sur son poste-télé, Meriem quant à elle, installée derrière un petit bureau qu’on découvre à côté du lit, s’est mise à écrire sur son journal intime. A un moment donné, télécommande en main, Alia met pause et rejoint sa gouvernante qui s’arrête d’écrire.Pensive, la fillette vient s’installer sur le lit de Meriem et lui pose une question : « -Si tu étais la maman de Mowgly, est-ce que tu l’abandonnerais dans la forêt? » Embarrassée, Meriem essaie de répondre comme elle peut : « – Mowgly … la jungle … c’est comme des rêves … créés par notre imagination. » « -Est-ce que tu aimerais que sa famille soit composée de loups? Lui demande Alia. « -Oui ! J’aimerais qu’il vive avec les animaux s’ils ont de l’amour pour lui, s’il est en sécurité avec eux et s’ils le protègent. » Visiblement pas trop convaincue, Alia la surprend avec une question qui la laisse sans voix : « -Pourquoi tu ne t’es pas mariée comme maman? Lui dit-elle. Est-ce que tu n’aimerais pas avoir un garçon ou une fille, toi aussi? » Profondément touchée par le propos et la sagacité de la fillette, Meriem la regarde un moment puis baisse la tête, l’air accablé. Emue, Alia vient vers elle, lui passe la main sur la joue, la prend dans ses bras en murmurant : “Désolée, ma tatta…moi, je crois que tu seras une maman merveilleuse.”  Emue, Meriem la fait dormir à ses côtés et sur sa demande, elle lui raconte «Hayna et l’ghoul».

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La famille des Maarouf fête la soirée de Noel, en présence de quelques amis du Club équestre, notamment le Docteur Badr, une vingtaine d’enfants de Terre des Anges et du chœur de la Fondation Ichrakat pour la culture, sous la direction de Khalid. Maria Christina est au piano, Alia joue au premier violon. Siddiq, Rabia, Yacout, Meriem et tous les autres convives chantent et bouclent le refrain à MinuitDes cadeaux sont offerts aux enfants : livres, tablettes et d’autres gadgets.

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Après une répétition collective avec l’orchestre des enfants de la Fondation Ichraqat dont Alia est premier violon, Khalid les emmènent au Cirque de Salé dont il est le responsable artistique. Comme on peut l’imaginer, Alia et son petit groupe d’amis créent une ambiance chaleureuse. Les enfants s’amusent en improvisant des personnages et des situations comiques tout au long du trajet. Arrivés au Cirque, ils assistent ébahis aux performances des artistes qui donnent des numéros d’acrobatie et de jonglage. Lors d’un numéro de clowns, Khalid fait participer Alia et d’autres enfants pourvus de souplesse et d’agilité, aux performances acrobatiques.

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Ayant été bien entraînée au Club équestre par Siddiq, Alia  participe avec une trentaine d’enfants, de 8 à 12 ans, au concours hippique Jeune-Cavalier organisé au Club Royal d’équitation. Au programme : -les rapports du couple Cavalier/Cheval – le Trot enlevé – le galop – les sauts d’obstacles. Au final, Alia est classée première.  A la cérémonie de remise des prix sur le podium, la fillette et le garçon classés deuxième et troisième la fusillent du regard et la traitent d’enfant abandonnée, bent lhram. Malgré sa souffrance, la fillette encaisse.

Pour fêter l’exploit de sa fille, Yacout l’invite à dîner dans un restaurant balnéaire chic, en présence de Khalid, Maria Christina et Meriem. Alia n’a pas le moral. Voyant qu’elle ne  mange pas, alors que le dîner est offert en son honneur, Yacout est fâchée. Profitant de la situation, Alia finit par poser l’ultime question : pourquoi n’a-t-elle pas le même nom de famille que son père ni d’ailleurs celui de sa mère comme les enfants qui ont fait le concours avec elle. Et pourquoi on dit qu’elle est bent lhram.  C’est l’embarras général aussi bien pour Yacout que pour Khalid. Celui-ci ne trouve pas de réponse et Yacout, lorgnant vers la nounou troublée, demande à Alia d’attendre qu’elles soient seules, une fois rentrées à la maison, pour en parler toutes les deux en tête à tête. Tremblante et réprimant difficilement sa douleur, Alia leur annonce d’une voix bouleversante : “Je ne suis pas votre fille…c’est ça !”

De retour à la maison, Meriem, tenue de jouer son rôle de gouvernante veut faire prendre à Alia son bain. Mais elle est repoussée par la fillette qui lui parle, avec une cruauté insoupçonnée, avant d’aller s’enfermer à clé dans sa chambre pour ne laisser entrer personne, surtout ses deux parents Khalid et Yacout. Finalement, c’est à Maria Christina, sa Mammy, qu’elle ouvre la porte de sa chambre. Avec beaucoup de tendresse, de sagesse et de clame, Maria Christina la console en lui disant qu’elle comprend très bien  qu’elle puisse être grandement perturbée par la révélation de son statut d’enfant “abandonnée”. Elle raconte cependant à Alia son histoire tragique à elle aussi, en l’occurrence : -l’exécution par les fascistes et les nazis de son père et de ses oncles les frères Cervi -l’Arrestation et la déportation de sa maman par les nazis et donc sa situation d’orpheline et d’enfant qui se retrouve abandonnée. Alia est subjuguée par la magie du «conte» de Maria Christina. Mais malgré tout, elle continue de refuser de manger, le lendemain.

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Dans les écuries, Hamid ne sait pas comment se comporter avec Caruso qui fait la grève de la faim et refuse de se relever. Rendant visite au cheval malheureux, Siddiq comprend la raison de ce comportement sentimental des animaux attachés à leurs maîtres/amis qui sentent quand un malheur leur arrive et qui se laissent mourir même, après leur disparition. Aussi, de la manière la plus ferme, Siddiq va annoncer à Alia que Caruso se meurt. Prise de panique, la fillette quitte le lit et vient se jeter dans les bras de son grand-père en pleurant. Siddiq lui dit qu’elle peut encore sauver Caruso et qu’avec le temps les plaies vont guérir. Caruso est ravi de revoir Alia qui lui fait des câlins et lui parle, munie d’une botte de carottes toutes fraiches: « C’est fini mon petit frère, je suis là. Ne crains rien ! ». A la surprise générale, Caruso se relève et retrouve son appétit.

Cinq années plus tard

Alia a 12 ans maintenant. En ce moment, casque sur la tête, elle monte Caruso qu’elle pousse au galop sur le sable. A l’autre bout de la plage, Meriem marche pieds nus dans l’eau. Rex, toujours en bonne forme malgré ses douze années, gambade à ses côtés. Alia les rejoint. Elle descend de cheval et vient marcher à côté de sa gouvernante. Caruso la suit. Elancée et d’une grande maturité, les traits de son visage dégagent une vie intérieure intense. Elle enlève son casque qu’elle remet à Meriem et commence à ramasser les algues jetées par les vagues. Puis elle va s’asseoir sur un monticule et se met à sculpter avec le sable la tête et le buste d’une fillette qu’elle orne avec les gerbes d’algues qu’elle vient de ramasser. Meriem, intriguée, s’assoit à ses côtés. Rex et Caruso semblent s’intéresser aussi à ce que fait leur maîtresse. Puis, scrutant l’horizon lointain et comme absorbée par une sorte d’euphorie, Alia commence à raconter à Meriem la suite du «conte biographique» de Maria Christina. Elle imagine des personnages et des scènes qui font écho aux épisodes de ce récit sur Régio Emilia, sur -les sept frères Cervi exécutés par les fascistes et les nazis, -la rencontre romantique de Maria Christina avec le Capitaine Bachir Maarouf et leur amour   qui aboutira à leur mariage. En Flash-back et avec sa propre voix-off, elle voit et entend le Capitaine Bachir Maarouf, son héros en tenue militaire de combat, commander son bataillon à la prise de Monté Cassino, les mulets chargés qui escaladent les montagnes, les déflagrations des bombes larguées du ciel par les avions ennemis, les tirs des canons et des mitrailleuses…etc. Comme transcendée, l’imagination de l’adolescente l’emmène à la place Majori après la libération, vibrant de liesse populaire. Soldats et simples citoyens, hommes et femmes sont heureux et font la fête. Elle voit Maria Christina, une belle jeune fille de 18 ans qui est approchée par le capitaine Maarouf, le jeune officier élancé, en tenue militaire légère, bien en forme et séduisant. Puis elle voit Maria Christina, jeune cantatrice, chanter “Othello” de Verdi, à l’Opéra de Modène et le Capitaine Maarouf en tenue militaire de parade dans le premier rang, tenant un bouquet de roses auquel il a joint un feuillet qu’il va offrir à Maria Christina, dans sa loge après la représentation. Sa voix est enchantée lorsqu’elle révèle à Meriem que le feuillet n’était autre que le fameux poème “Emilia, mon amour”.  La nounou est charmée par le conte de sa fille. Alia révèle à Meriem qu’elle a résolu de faire une surprise à Maria Christina en montant un spectacle, sur la base du poème “Emilia, mon amour”, avec ses camarades musiciens, danseurs et acteurs pour le présenter au théâtre, à l’occasion de l’anniversaire de la grand’mère. Elle fait jurer Meriem de garder le silence sur son projet.

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Alia  commence ainsi à réunir ses jeunes camarades musiciens, choristes, acrobates et acteurs de la Fondation Ichraqat et de Terre des Anges pour réaliser ensemble ce projet.  S’appuyant comme base de travail sur le chant et la musique qu’avait élaborés Maria Christina depuis le début de cette histoire avec le poème « Emilia, mon amour », elle conçoit des personnages mythiques, notamment : – le Monstre Abou Jahl et ses acolytes, les ténébreux qui envahissent la Cité Emilia, la détruisent  et kidnappent la princesse Hajar ; -le Commandant Ibn Ennour et ses cavaliers de lumière qui vont combattre les ténébreux, pour libérer Emilia et sa princesse, prisonnière du chef des ténébreux.  Cependant, à la différence des répétitions musicales et de chant qu’elle fait dans les locaux de la Fondation avec ses camarades de l’orchestre et de la chorale,  Alia préfère répéter les scènes d’action avec ses camarades acteurs et acrobates en dehors de la Fondation afin de garder le secret de son entreprise. C’est ainsi qu’après concertation avec ses camarades, elle choisit de travailler en plein air dans une clairière de la forêt.

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Dans sa chambre, Alia échafaude sa mise en scène sur le papier, en établissant un story-board. Elle presse Meriem, croquis à l’appui, de réfléchir aux costumes pour le spectacle.

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Un jour, après son retour d’une visite qu’elle a rendu à sa grand’mère et son cousin Hamza en montagne, Meriem entre en salle de bain pour prendre une douche. Elle oublie de ranger son journal intime, resté ouvert sur le lit. Revenant de ville où elle a été avec ses parents pour acheter un cadeau qu’elle veut offrir à sa nounou, Alia faillit découvrir, en lisant la page ouverte du journal intime oublié sur le lit par Meriem que celle-ci est en fait sa mère biologique. Mais cette dernière arrive à détourner sa vigilance et continue à lui cacher la vérité.

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Les répétitions du spectacle avec les enfants se multiplient. Yacout commence à s’inquiéter. Croyant qu’Alia «fugue», elle lui fait des reproches parce que l’adolescente n’arrête pas de lui mentir. Yacout se tape une grande colère lorsqu’elle découvre la connivence de la gouvernante avec sa fille.

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Quant à Siddiq et Khalid, encouragés par Maria Christina qui critique le comportement de Yacout vis-à-vis d’Alia et sa gouvernante, ils entreprennent de faire une petite enquête. Ils découvrent le secret d’Alia, lors d’une répétition dans la clairière en forêt. Alia les met au parfum de son projet. C’est ainsi qu’ils deviennent ses complices en acceptant de se joindre aux enfants.

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En connivence avec sa femme Rabia, Siddiq décide de produire le spectacle conçu par Alia. Il propose à un spécialiste des «combats de scène», Vittorio Bertolucci, de travailler la chorégraphie avec Alia. En même temps, il engage quelques professionnels avec le chœur, l’orchestre et l’équipe de théâtre et d’acrobatie des enfants, en plus de lui-même pour jouer Al Hakim, et Khalid, pour tenir le rôle du Seigneur des ténébreux.

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A la fin d’une répétition orchestrale en salle à laquelle assistent Siddiq, Rabia, Khalid, Yacout et Meriem, une altercation dans les loges oppose Yacout à Meriem. La raison du conflit est tout ce qu’il y a de futile. Remarquant que Alia tarde à changer de costume, Yacout demande à Yasmine de le faire. Alia s’y oppose et appelle sa nounou pour la changer. Yacout est vexée. Elle ordonne à Meriem de s’abstenir. Mais cette dernière ose pour la première fois défier Yacout et décide d’aider Alia à se changer. Envahie par une colère noire, Yacout la repousse vigoureusement et lui annonce qu’elle la vire de son poste! Paniquée, Meriem perd l’équilibre et tombe par terre. Elle perd connaissance. Transportée à l’hôpital, on découvre qu’elle a subit dans le passé une césarienne et qu’elle souffre d’une hémorragie due à des complications postopératoires récidivantes. 

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En cherchant la Carte d’Identité de Meriem dans sa chambre pour l’admission à l’hôpital, Rabia et Maria Christina sont sidérées lorsqu’elles découvrent dans les affaires de la jeune femme une attestation médicale, délivrée douze années plus tôt par le gynécologue de l’hôpital Avicenne qui révèle que Mériem est la mère de Alia. Elles découvrent aussi le journal intime de la nounou dans lequel elle raconte toute son histoire à la fillette sous forme épistolaire. A l’hôpital, Rabia et Maria Christina remettent les documents à Meriem et la lassent seule avec Alia. Meriem donne à lire son journal intime à Alia. La jeune adolescente se met à lire à voix-haute. Meriem l’écoute avec sérénité. Alia apprend que Meriem est bel et bien sa mère et que son père s’appelle Hamza Medkouri, un ancien jeune chercheur en sociologie qui préparait un doctorat et qui militait pour les doits de l’homme.  Elle apprend aussi qu’il avait été victime d’une agression criminelle, juste avant sa naissance, par des barbus takfiristes, aux environ du Campus universitaire et que depuis cette agression criminelle, il souffre d’une grave lésion cérébrale, lui causant une perte totale de parole et de mémoire.  L’air grave d’Alia, sa retenue et son orgueil dénotent de sa grande force intérieure et sa maturité. A un certain moment, des larmes silencieuses coulent sur ses joues.

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Rétablie, Meriem emmène Alia en montagne voir sa grand’mère Moui Zahra et son père Hamza. Courageuse, Alia lui fait savoir qu’elle regrette ce qui lui est arrivé et qu’elle est fière de lui.

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Puis arrive le jour de l’anniversaire de Maria Christina.  Dans un grand espace scénique en plein-air, à Bab Lamrissa de Salé, doté d’une scène avec plusieurs niveaux et gradins, de dispositifs de son et de lumière adéquats, le tout gérés par des techniciens et des régisseurs de grande qualification et travaillant dans des conditions techniques optimales, Alia (aidée de  Siddik, Khalid et Vittorio) supervise une répétition mécanique (sans costumes ni masques) des transitions entre les scènes de l’opéra  « Emilia, mon amour » qu’elle s’était engagée (avec l’aide de Siddiq) à  monter avec ses camarades jeunes artistes musiciens, choristes, acteurs, acrobates et danseurs de la Fondations Ichrakat et les professionnels des arts du spectacle. Puis au coucher du soleil, l’Opéra spectaculaire « Emilia, mon amour » est donné dans cet espace scénique de plein-air, devant des milliers de spectateurs. Parmi eux entre autres, Maria Christina, Moui Zahra la grand’mère marocaine comme se plaît à l’appeler Alia et Hamza Medkouri.

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Déroulement des tableaux de l’opéra :

– Sur une musique sans parole :

Les Cavaliers de Lumière affrontent les Hommes corbeaux et les Ténébreux : Combats stylisé / arts martiaux.

Défaits, les Ténébreux se retirent.

II – Sur musique et chant :

Investissement de la Place publique par les danseurs, les acrobates, les mimes puis le Chœur : Chorégraphie, acrobatie et pantomime.

Choeur + Soliste + Duo

Il bagliore della tua bellezza

Interpella la mia anima

E porte il mio cuore verso te Emilia

Oh mio essere

Oh mia speranza

Io ho visto in te lo splendore.

 

III – Sur Musique et chant :

Retour des hommes corbeaux et leur armée Robotique (marionnettes géantes.)

Leur Seigneur Abou Jahl est porté sur un Char en feu. Une confrontation avec la Population civile et les Résistants a lieu.

Massacre de masse et formation d’un peloton pour l’exécution des Frères Cervi.

Choeur + Soliste + Duo

Ho visto in te l’indicibile

Ed ho ascoltato la coce del Signore in rivolta

Appellandomi alla purezza del cielo di Marzabuto

E all’eternita dei fratelli Cervi

 

IV – Ballet : Parade/Défilé militaire.

Les Gens simples, impuissants, sont forcés par les Hommes Corbeaux d’assister au spectacle de l’exécution des Cervi.

Choeur + Soliste + Duo

Ho ascomtato battere il cuore

Degli appassionati di piazza Mageori

 

 Intervention des Cavaliers de Lumière dirigés par le Commandant Ibn Nour : Acrobates et combattants des arts martiaux.

 

V– Choeur + Soliste + Duo 

Abou Jahl et ses Hommes Corbeaux et Ténébreux sont battus et faits prisonniers par les Cavaliers de Lumière.

Ho visto le torce

Tremare di piacere

E piangere di gioga

Nei franchi della Regione Emilia

Che fortuna !

 

VI– Choeur + Soliste + Duo

Les survivants civils enterrent leurs morts et reconstruisent la Cité.

Oh discendenti di Garibaldi

Che avete dato nascita

Al Rinascimento

A favore dell’umanità

E di averla tolta

Dalle tenebre dell’orribil paura

Emilia mia benemata

Tu sei ma speranza, tu sei unica

IO ti amo , ti amo … Emilia

Cette strophe est illustrée par plusieurs saynètes et tableaux, avec des chorégraphies et des pantomimes.

 

VII – la vie revient dans de la Place publique.

Scènes successives :

De part et d’autre de la scène :

1-  Ruzzante est marchand de Spaghetti et de Pocheta alors qu’à l’opposé Lamsyah vend la kefta, le méchoui et les brochettes.

Chacun fait la promotion de son produit

2-  La Chouafa Carmen propose aux clientes de leur lire l’avenir : extraits de Carmen.

3-  Deux Halqas se succèdent : une italienne avec la Commedia del Arte et une marocaine avec le Conteur et sa troupe pluridisciplinaire.

A la fin des festivités dans la place publique, un sosie d’Abou Jahl déguisé et accompagné de deux de ses acolytes s’infiltrent parmi la population et font de l’espionnage. Ils participent même aux danses, aux jeux acrobatiques et pantomimes.

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En montagne, chez Moui Zahra, au bord du Lac de Tamesna, une grande réception est organisée avec les enfants artistes coéquipiers de Alia en présence des professionnels et les membres de la famille des Maarouf.

Sur Générique de fin, Musique et Chants d’Emilia, mon amour,  défilement de la traduction en français du Poème « Emilia, mon amour ».

L’éclat de ta beauté

Interpelle mon âme

Et transporte mon coeur vers toi

Ô mon être

Ô mon espérance

J’ai vu en toi la splendeur

J’ai vu en toi l’indicible

Et j’ai entendu la voix du Seigneur révolté

Appelant à la pureté du ciel de Marzabuto

Et à l’éternité des frères Cervi

J’ai entendu battre le coeur

Des passionnés de la place Mageorie

J’ai vu les cierges

Trembler de plaisir

Et pleurer de joie

Dans les flans de la Région Emilia.

Quel bonheur !

O descendants de Garibaldi

D’avoir donné naissance

A la Renaissance

Au profit de l’humanité

Et d’avoir extrait

Des ténèbres de l’horrible peur

Emilia ma bien-aimée

Tu es l’espoir, tu es l’unique

Je t’aime, je t’aime … Emilia.

Scénario :

Idée de Rachid Fekkak

Co-écrit par :

Rachid Fekkak et Abdellah Chakiri

 

À propos de l'auteur

RACHID FEKKAK

Acteur, Metteur en scène et Animateur d'ateliers de théâtre avec les enfants et les jeunes, pendants plus de trente années, j'ai pu vérifier l'impact de grande valeur de la pratique théâtrale vocale, corporelle, affective et cognitive sur les comportements de celui et celle qui s'y adonnent régulièrement, dans la joie du jeu, la complicité, la liberté et le respect mutuel.

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